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Une histoire de Cajon

Une histoire de Cajon

J'ai décidé de vous parler à travers cet article de l'histoire du Cajon (histoire assez dingue sachant que c'est un instrument très commun aujourd'hui). J'ai découvert l'historique de cet instrument suite à plusieurs recherches sur les percussions latines.


Pour ceux qui ne connaissent pas le Cajon, il s'agit d'une percussion de frappe.

Une sorte de caisse en bois, de forme cubique, sur laquelle on s'assoit afin de frapper un des côtés. Le cajon actuel possède un trou à l'opposé de la plaque de frappe appelé évent qui permet au son de mieux se propager.


Dans le Cajon se trouve généralement un élément important, le timbre (constitué de ressorts, de cordes de guitares ou encore de clochettes), qui produit un son proche de celui d'une caisse-claire de batterie.

C'est un instrument très pratique pour les batteurs qui recherchent une petite percussion acoustique ou pour toutes autres personnes voulant rythmer leurs morceaux avec une percussion peu encombrante.


Différents sons sont produits par diverses parties de l'instrument; en allant du haut vers le centre, on obtient des sons du plus aigu au plus grave.


Même si aujourd'hui, cet instrument est utilisé pour tout type de musique, le cajon est avant tout connu dans la musique latine et particulièrement le Flamenco.


Au-delà de cette présentation très rapide du cajon comme on le connaît actuellement, la partie intéressante de cette histoire concerne la naissance de ce dernier (du moins c'est la partie qui m’intéresse et c'est une histoire que j'affectionne).


Le cajon est apparu en 1535 lorsque les premiers esclaves d'Afrique noir ont été amenés par les conquistadors en Amérique et plus précisément au Pérou.

Ils sont donc arrivés du continent africain avec leurs coutumes, leurs chants, leurs traditions. Leur travail principal était la cueillette de fruits qu'ils réalisaient notamment dans la capitale du Pérou: Lima.

Lima était une ville très célèbre pour son port et son commerce maritime. De ce fait, le port était rempli de vieilles cagettes, de vieux paniers ou autres récipients. Pour faciliter leur cueillette, les esclaves ont donc eu l'idée de prendre et d'utiliser ces cagettes.

C'est alors que très vite, ils se sont servis de ces cagettes, d'une part pour récolter et stocker les fruits mais aussi et surtout pour accompagner leurs chants du rythme de leurs mains sur le bois.

De là, ils y ont cloué, attaché, suspendu toutes sortes de choses (bois, babioles, métaux) afin de faire plus amplement vibrer la cagette.

Ici naquit le Cajon.


Au fil des siècles, les danses et les chants pratiqués par les africains et accompagnés par ces instruments rythmiques se métissent au contact de la culture péruvienne, ou plus largement hispanique. Cela va donner naissance aux influences afro-péruviennes actuelles telles que la Marinera, Zamacueca ou le Festejo rythmées au son du Cajon.


Dans les années 70, le guitariste flamenco Paco de Lucia, lors d’une tournée à Lima, fut touché par la sonorité du Cajon. Une fois de retour en Espagne, ce dernier décida de l'introduire dans ses compositions. Depuis ce jour, le Cajon est très présent dans le Flamenco.


Au cajon péruvien, les flamenquistes ont rajouté à l'intérieur de la caisse des cordes de guitares, apportant ainsi toute sa spécificité au cajon dit "flamenco" et sa vibration caractéristique.


Aujourd'hui c'est un instrument très utilisé, et même une percussion devenue commune.

Il est très utilisé pour le coté acoustique et rythmiquement génial (d'après moi…. pas très objectif adorant cet instrument!).


Mais je ne me lasse pas de cet historique que je trouve particulièrement incroyable vu son évolution et vu sa place parmi les autres instruments aujourd'hui.


J'espère que cet article vous aura plu et n'hésitez pas à passer me voir au magasin (17 Bd Beaumarchais) si vous souhaitez écouter ou tester cet instrument.



Alan vendeur Batteries / Percussions








Rédigé le  22 avril 2017 12:01  -  Lien permanent

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